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samedi 21 novembre 2009

Lever de coude avec… l’OuBreCPo

Après une conférence mémorable sur La Pince à linge, sa vie, ses mœurs l'an dernier, le Docteur Lichic faisait son retour à la Maison du Livre ce 20 novembre, jour de la St V (coïncidence?) pour l'université d'été de l' OuBrePo (Ouvroir de Brèves de Comptoir Potentielles).

Pour cette université d'été -ayant exceptionnellement lieu en automne- de l'OuBreCPo, notre docteur était accompagné de son compère Bert du Verschu, autre éminent spécialiste en brèves de comptoir. Le public a joué le jeu et est généralement venu qui avec une bouteille de vin, qui avec six pils, qui avec trois bières spéciales pour assister à cette session exceptionnelle d'Ouvroir de Brèves de Comptoir Potentielles autour du magnifique bar de notre maison mère.

Après un petit rappel historique autour de l'OuLiPo et de ses dérivées comme l' OuPeinPo, l'OuPolPo (à conseiller à nos souverain et gouvernements ??), ou encore l'OuTraPo, nos deux compères sont entrés dans le vif du sujet en nous donnant quelques bases théoriques étayées par une belle clé dichotomique permettant de comprendre quel propos est ou n'est pas une brève de comptoir et pourquoi. Et pour mieux comprendre les subtilités de ces mécanismes, nous invitaient à boire un coup ;-)

Beancoup d'humour, de rires, de références diverses, d'étonnement (pour moi en tout cas qui ne connaissais pas grand chose en brèves de comptoir) durant cette soirée où circulaient également les Brèves de comptoirs de Jean-Marie Gourio afin de trouver des exemples à analyser et essayer de voir de quelle catégorie il s'agissait. Des discussions aussi, des "non, je vois pas ça comme ça", des "Ah bon, pourtant..." des "mais, si, enfin", des...

Ai bien envie, moi, qu'une session d'hiver ait lieu, à la Maison du Livre ou ailleurs ;-)

vendredi 13 novembre 2009

Cent Mille Milliards de Queneau

Depuis quelques semaines, la grande salle était coupée en deux, des tableaux étaient accrochés aux murs, ça sentait la préparation d'un événement dont notre maison mère a le secret.

Hier, ça y est, le voile était levé. L'événement autour de Raymond Queneau pouvait commencer par le vernissage de l'expo qui lui est consacrée. Des documents partout : des livres, des revues, des photos, des tableaux mais aussi des documents sonores à découvrir.

Une drôle de machine aussi, Le Mètre cube de Robert Kayser, mettant en scène les Cent mille millards de poèmes de Queneau.

Qui dit vernissage dit monde (chouette, plein de gens) et petites interventions. Un petit concert de Carabosse avec Julie Carlier et Irène Kaufer (mais sans Kiki) nous présentant quelques perles de leur Ouchapo (ouvroir de chanson potentielle); une lecture à deux voix entre Jean-Michel Pochet et Robert Kayser, le second corrigeant tout ce qui n'était pas français dans la lecture du premier. Lecture suivie d'une discussion entre le même Pochet et Henry Lendroit mais ne peux en dire plus, la SNCB n'aimant pas les retardataires.

Vous retrouverez toutes les infos sur cet événement et bien plus encore en cliquant ici !

samedi 31 octobre 2009

Questionner ses identités

Depuis quelques temps, la Maison du Livre s'associe au CEC (La Coopération par l'Education et la Culture) et à la revue Indication pour un cycle de conférences autour des littératures africaines. Ce jeudi, Erik Nyindu (journaliste à Vox Africa) recevait l'auteur sénégalais Boubacar Boris Diop pour discuter du questionnement des Identités autour de deux livres : La Quête (Présence africaine, 1979) de V.Y. Mudimbe ainsi que Les Petits de la guenon, son dernier livre paru chez Philippe Rey en 2009 en français après avoir été publié en wolof en 2003.

Boubacar Maurice Diop a commencé la soirée en nous lisant les premières pages de son roman afin planter le décors. Son livre donne la parole à un aïeul qui raconte à son petit fils l'histoire de son peuple de son pays.

Beaucoup questions ont été posées par un public nombreux et participatif permettant d'aborder divers sujets tels les rapports entre la France et l'Afrique ou ceux entre la langue maternelle et celle du colonisateur ont été abordés, les réponses de Boubacar Boris Diop intéressantes permettaient de rebondir sur d'autres sujets comme le rôle de la France lors du génocide rwandais de 1994 ou la problématique des langues au Sénégal ou encore pourquoi de nombreux héros de romans africains meurent à la fin du livre, ...

Bref, une belle soirée qui m'a donné envie de lire ce livre où l'on retrouve certains proverbes sénégalais.

vendredi 30 octobre 2009

Touche pas à mon sacré! Respect des croyances et respect des personnes

Pour la troisième fois, la Maison du Livre s'associait à la LABEL (Ligue pour l’Abolition des lois réprimant le Blasphème et le droit de s’Exprimer Librement)pour une soirée sur le thème de la liberté d'expression et plus particulièrement ce soir à propos du respect des croyance et du respect des personnes. Jean-Pol Hecq (journaliste à la Première) recevait Jeanne Favré-Saada (ethnologue) et le père Ignace Berten (dominicain) pour débattre de ce vaste sujet. Après avoir invité les deux conférenciers à nous présenter chacun leur point de vue, Jean-Pol Hecq a lancé le débat avec le public.
J'apprécie beaucoup ce genre de conférences mais ai des difficultés à la résumer, de peur de trahir les propos échangés vu que je ne comprends pas certaines notions. L'échange de points de vue parfois très différents est enrichissant.

jeudi 15 octobre 2009

L'Usine

Peu, trop peu de monde présent pour cette lecture de l'Usine de Vincent De Raeve proposée par le Plaisir du texte.

Après quelques instants de désœuvrement, le duo de lecteurs a décidé de quitté la scène et de s'installer avec les public autour de deux tables. Marie-Christine et Frédéric nous ont plongés dans l'Usine vue par Vincent et on (moi en tout cas) s'en est pris plein la tronche. Découverte d'un monde inconnu, de ses codes, de ses peurs, de ses violences, de ses révoltes, de ses espoirs aussi.

Merci à celles et ceux présents autour de la table pour ces moments forts et ces échanges riches et chaleureux avec l'auteur et les lecteurs.

dimanche 13 septembre 2009

Jodi, toute la nuit

La Sortie de Jodi toute la nuit chez Couleur Livres était le prétexte pour La Maison du Livre de rassembler Carmelo Virone (animateur de la soirée), Violaine de Villers, Alain Brezault, Gauthier de Villers et In Koli Jean Bofane autour de son auteur, Didier de Lannoy.

Une bande d'amis venus discuter essentiellement du dernier livre, mais aussi des écrits électroniques (dont DDL inonde (sic) parfois ses destinataires) et du Cul de ma femme mariée, d'un des leur, voilà comment j'ai envie de résumer rapidement cette soirée qui est partie un peu dans tous les sens, le principal invité esquivant parfois les questions, les extraits de livres se mêlant aux réflexions plus personnelles des uns et des autres. La légitimité de pouvoir écrire sur le Congo a également été abordée, les uns et les autres n'ayant pas la même vision de la question.

Les lumières se sont éteintes, le calme est revenu dans la salle et la voix de Yolande Moreau a retenti , petit extrait sonore de la mise en monde de Jodi toute la nuit par Violaine de Villers.

La soirée s'est terminée par des échanges avec le public venu nombreux.

samedi 27 juin 2009

Art Y Show

Chaque année à pareille époque, reviennent l'été, la fin des examens, le début des vacances, ... Et aussi Art Y Show , la grand fête des ateliers et stages organisés durant l'année par notre maison mère. Les murs de la grande salle se parent alors de calligraphies latines et hébraïques, des extraits de textes descendent du plafond et d'autres œuvres s'exposent.

Cette année ce fut aussi l'occasion, non pas de jouer avec les différents animateurs à écrire de petits textes suivant différentes consignes, mais d'écouter les participants aux ateliers de Christine Henkart nous lire une nouvelle de Techkov ainsi que des extraits de littérature pour la jeunesse.

La soirée s'est tranquillement déroulée autour du verre de l'amitié et d'un bon petit buffet.

dimanche 10 mai 2009

Amis @ Facebook

Tout le monde ou presque a déjà entendu parlé du réseau de socialisation Facebook. Ce jeudi, la Maison du Livre, en collaboration avec FIJ, avait décidé d'y consacré un débat, un peu comme ça avait été le cas en 2007 avec la rencontre autour de Google-Moi, la deuxième mission de l'Amérique de Barbara Cassin.

Une fois n'est pas coutume, il s'agissait plus d'une table ronde que d'un débat. La discussion était animée par Olivier Markowitch (chargé de cours à l'ULB) et a commencé par les points de vue Jean Spinette (président du CPAS de Saint-Gilles et utilisateur de Facebook tant en tant qu'utilisateur privé que pour sa campagne électorale) et Khaldoun Al Khourdi (animateur chez FIJ).

Les conditions d'utilisation, le respect de la vie privée, des droits d'auteur, l'intéret de s'inscrire sur ce type de site, le vocabulaire utilisé (le mot "ami" pose problème à certains utilisateurs, d'autres, comme Patrick Lowie parlent de "correspondants", pour ma part j'apprécie "contacts") ou encore que par défaut, les infos mises sur Facebook sont accessibles à tous les inscrits ont été abordées. Certains ont évoqué leurs craintes par rapport à ce type de site où, malgré les possibilités de sécuriser ses informations (via l'onglet confidentialité des paramètres, pas toujours évident à trouver) l'information est archivée pour longtemps. Les utilisations plus marketing ou la campagne électorale du président Obama ont également été évoquées.

J'ai parfois eu l'impression durant ce débat que Facebook était diabolisé par certains. Je ne crois pas qu'il faille aller si loin. "Simplement" l'utiliser en connaissance de cause (combien sommes-nous à avoir lu les conditions d'utilisation en entier), avec prudence, en sachant ce qu'on y met, en sachant que certaines informations de profil que l'on n'a pas envie d'afficher car on les trouve intrusives (comme la date de naissance, le sexe, la religion, les opinions politiques, orientation sexuelle, numéro de téléphone, adresse, ... ) sont facultatives et que les paramètres de confidentialité peuvent être paramétrés suivant les personnes que l'on autorise à voir ou non ces informations.

Et pour finir, une question a été posée : Ne pas être sur Facebook entrainera-t-il à un moment ou à un autre d'être "has been" ou laissé pour compte de certaines informations comme ça devient le cas quand une personne n'a pas accès à Internet ou simplement pas de mail?



mercredi 6 mai 2009

Les Carnets de voyage d'Antoine-Roger Bolamba

Ce Mardi, Jean-Claude Kangomba recevait Isidore Ndaywel E Ziem, (historien, directeur honoraire de l'OIF) Jean-Pierre Orban (directeur de la collection L'Afrique au coeur des lettres chez l'Harmattan) et Marc Quagebeur (directeur des Archives et Musée de la Littérature et de la revue Congo Meuse) autour des évolués au Congo et plus particulièrement des Carnets d'Antoine-Roger Bolamba Congo Belgique 1949-1955 publiés chez l'Harmattan cette année.

Après nous avoir présenté Antoine-Roger Bolamba (1913-2002) qui fût journaliste, rédacteur en chef de la Voix du Congolais, secrétaire d'état du premier gouvernement du Congo indépendant, et premier poète congolais publié en Europe, Jean-Claude Kangomba a invité Jean-Pierre Orban, éditeur de ces carnets à nous expliquer la genèse de cette publication autour des écrits de cet auteur congolais. Il nous a expliqué que ce projet lui avait été proposé par Christian Cascio, que la majorité des textes proviennent de la Voix du Congolais et qu'ils ont décidé de publier uniquement des textes n'ayant jamais été repris dans d'autres publications. Quand il a dit avoir hésité à publier le texte concernant le voyage du roi Baudouin en 1955, tant Isidore Ndaywel E Ziem que Marc Quagebeur ont dit que ce texte avait tout à fait sa place dans l'ouvrage car il était entre autres témoin du discours du roi des Belges à ce moment-là.

Ensuite, Isidore Ndaywel E Ziem nous a expliqué le statut d'évolué (dont Balamba est un des représentants) dans la population congolaise durant la période de la colonisation.

La rencontre était très intéressante, les différents invités rebondissant sur les propos des uns et des autres pour les confirmer et parfois les préciser.

Soirée organisée en collaboration avec le CEC (Coopération par l'Education et la Culture).

jeudi 30 avril 2009

Les Impacts

Ce mercredi soir, le ciel a mis un peu de temps à être complice. Avec un peu de patience, la nuit a commencé à tomber, les images sont apparues sur l'écran et la lecture de Sébastien Dutrieux a pu commencer.

Durant une petite heure, il nous a emmené dans les Impacts, recueil de textes courts de Stéphane Lambert mettant des mots sur des portraits d'artistes comme Samuel Beckett, Arthur Rimbaud ou encore Marguerite Duras, ou encore de chambre comme celle de Vincent Van Gogh à Auvers sur Oise.

D'un coup, le noir a envahi la pièce. Le dernier mot était lu, le spectacle terminé et la nuit vraiment tombée.

lundi 23 février 2009

Rencontre avec Jean-Luc Raharimanana

Dans le cadre de l'exposition Madagascar le grand livre des petits métiers, Jean-Claude Kangomba (chercheur aux Archives et musée de la littérature et professeur de littératures africaines) recevait l'auteur malgache Jean-Luc Raharimanana.


Pendant près de deux heures, nous avons suivi J-L Raharimanana dans sa vie, que ce soit à Madagascar ou en France mais aussi et surtout à travers son œuvre, que ce soit ses pièces de théâtre, ses recueils de nouvelles ou encore ses romans. Afin de nous faire partager le style, la musicalité et les thèmes souvent durs de son invité, J-C Kangomba a émaillé ce dialogue d'extraits de nouvelles tirés entre autres du recueil Rêves sous le linceul.

Quand Jean-Claude Kangomba a parlé de lui comme d'un auteur engagé, Jean-Luc Raharimanana a confirmé tout en expliquant que ce n'était pas conscient de sa part au départ mais que c'était effectivement très présent dans ses écrits. Comme en écho à la soirée de la veille, l'auteur nous a également parlé de la censure dont ont été victimes deux de ses pièces de théâtre, que ce soit à Madagascar pour Le Prophète et le président à la fin des années 80 ou plus récemment en France pour l'adaptation de son livre Madagascar 1947.

Une belle rencontre qui s'est terminée par l'évocation de la situation actuelle de l'île à laquelle l'auteur a répondu par la lecture d'un extrait de Za, son dernier roman dans lequel on fait entre autres la connaissance de Dollaromane, personnage qui fait inévitablement penser à l'actuel président malgache.

vendredi 20 février 2009

La Censure ce serait nous ?

Ce mercredi, la Maison du Livre et la LABEL ( Ligue pour l’Abolition des lois réprimant le Blasphème et le droit de s’Exprimer Librement) cooraganisaient une deuxième soirée consacrée à la censure. Jean-Pol Hecq (journaliste à la RTBF) et ses invités, Marc Jacquemain (sociologue, professeur à ULG) et Jean Bricmont (professeur de physique à l'UCL) nous ont offert un débat autour de la question "Et si la censure c'était nous?"


Jean Bricmont a d'abord été invité à présenter sa position. Il a d'emblée précisé qu'il se plaçait du point de vue de la philosophie du droit, du droit à l'expression. Pour lui, la libre expression est basée sur la parole et l'action. On a le droit d'exprimer une opinion personnelle, individuelle. La limite doit être fondée sur les actions. S'en est suivie une longue liste de faits qui sont pour lui des gens poursuivis pour délit d'opinion.
Quelques exemples : D. Irving, historien britannique, accusé d'être négationiste, a été emprisonné trois ans pour des propos tenus il y a dix-sept ans; Norman G Finkelstein ,américain auteur du polémique l'Industrie de l'Holocauste, n'a jamais été nommé comme professeur d'université; Siné qui a été viré de Charlie Hebdo et traîné devant les tribunaux pour des propos jugés antisémites tenus dans sa Zone, ...
Il cite également Rushdie pour qui il ne faut jamais personnaliser, aucun respect pour ce que les gens pensent, on ne peut pas protéger les idées. Pour J. Bricmont, cette position est inactuelle. Il rappelle également la différence entre jugements de fait et jugements de valeur.
Si je pouvais résumer en quelques mots l'intervention de J. Bricmont, je dirais : "Beaucoup d'informations brutes reçues, à nous de décoder."


Marc Jacquemain a ensuite partagé sa propre réflexion. Pour lui, notre société a besoin de tabous, de les expliquer et d'en débattre. Il nous a entre autres parlé de la pédophilie et du tabac. Il y a également une demande sociétale d'euphémisation du discours. Actuellement, les sociétés sont structurées non plus sur des idées qui s'opposent mais par des compétitions généralisées. Pour lui, il n'y a plus ou presque de conflits structurés comme le capital opposé au travail ou l'Est opposé à l'Ouest. Il se demande également si le fait de séparer les gens de leurs idées n'est pas une logique d'intellectuels née au XIXè. Actuellement, les gens ont peur du désaccord, n'aiment pas exprimer leur désaccord sur ce sur quoi ils n'ont pas prise.

Avant de donner la parole au public, Jean-Pol Hecq a expliqué comment lui ressentait les propos de ses invités : pour J. Bricmont, l'autocensure vient entre autres de la sacralisation des opinions. Pour J-P Hecq, il y a trois grands domaines où les idées ont été sacralisées : la mémoire historique, le sexe et les religions. Il a enfin posé cette question à M. Jacquemain : si l'autocensure existait, serait-elle l'enfant illégitime de l'hypermodernité?

Ce débat intense et complexe s'est conclu par un échange avec le public pendant lequel la géométrie variable des tabous, le fait que certaines lois ne soient pas les mêmes pour tous ou encore l'euphémisation des choses (les caricatures étaient par exemples beaucoup plus violentes au XIXè qu'actuellement) ont entre autres été abordés.

dimanche 15 février 2009

Amoureuse

Ambiance feutrée ce 14 février à la Maison du Livre. Peu de lumières et quelques bougies éclairaient la grande salle où nous étions accueillis par un petit cocktail (aphrodisiaque?). Beaucoup de monde pour assister à cette mise en voix d'Amoureuse d'Eva Kavian (animatrice d'ateliers d'écriture à la Maison du Livre) par Marie-Christine Duprez.

Une fois le public installé, le spectacle s'est déroulé dans le noir et le silence quasi complets. De temps en temps, quelques extraits de Veloma de Quentin Dujardin comme fond sonore et toujours, le texte d'Eva approprié, dit, chanté et partagé par Marie-Christine.

J'ai beaucoup aimé ces quelques mots émus d'Eva Kavian après le spectacle : "Oui, je retrouve les rythmes mais les émotions sont différentes."




Une production de l'asbl Le Plaisir du Texte

vendredi 30 janvier 2009

Jacques Izoard et son Compère

Dans le cadre d'Er zit poësie in Sint Gillis !, la Maison du Livre et la Bibliothèque communale de Saint-Gilles accueillaient la première étape de cette balade poétique autour du Parvis et rendaient hommage à deux grands poètes belges que sont Jacques Izoard et Gaston Compère.

Alain, Christian, Françoise, Joëlle, Luc et Saliha nous ont proposé la lecture de quelques poèmes extraits entre autres de Le Grand bestiaire, Les Jardins de ma mère ou Kâma-Sûtra pour Gaston Compère et de Vêtu, dévêtu, libres ; Corps, maisons, tumultes ou de La Différence pour Jacques Izoard. Le tout accompagné de quelques compositions de Gaston Compère en guise d'intermède musical.

jeudi 29 janvier 2009

Le Sexe, modes d'emploi

Ce mercredi, Gabrielle Stefansky (animatrice de Parlez-moi d'Amour sur la Première) recevait Elisa Brune et Elisabeth Weissman pour discuter de leurs livres Alors heureuse... croient-ils! et La Nouvelle guerre du sexe parus en septembre dernier.


Deux livres, deux auteures, deux manières très différentes d'aborder le sexe. La Nouvelle guerre du sexe se révèle être un écrit sur le libéralisme et ses dérives qui font du sexe un objet de consommation auquel on applique un vocabulaire économique : capital, désir, optimisation, rentabilité... Tandis qu'Elisa Brune nous narre l'enquête qu'elle a mené sur la jouissance et le plaisir féminins.

Une discussion intéressante animée avec brio par Gabrielle Stefansky et à laquelle un public nombreux a pris part. Avec entre autres des questions sur l'importance du culturel (et du cultuel) sur la vision du plaisir, sur la différence de vision entre femmes et hommes,... Les questions des uns, les réponses des unes amenaient d'autres réflexions (parfois plus philosophiques) et même la lecture d'un poème érotique de Louis Aragon par Elisabeth Weissman , bref un bien beau débat!

La soirée s'est terminée par un échange plus personnel entre les auteures et certains membres du public.

Envie de terminer ce billet par un joli lapsus (révélateur?) d'Elisabeth Weissman à propos des sex toys : "Le coffret spécial sexe des mères"...

samedi 17 janvier 2009

Quelque chose d'Anne Frank : Journaux intimes de la seconde guerre mondiale

Une fois n'est pas coutume, L'expo Prostituées d'Europe s'étant terminée la veille et celle consacrée à Madagascar et à ses petits métiers ne commençant que le mois prochain, aucune expo n'ornait les murs de la grande salle. Ca fait drôle, les habitudes ayant la vie dure mais c'est comme ça.

Dans le cadre de la pièce Quelque chose d'Anne Frank, de Richard Kalisz, qui se joue au Jacques Franck les 20-21, 23 et 24 janvier, la Maison du Livre nous proposait une rencontre autour de cinq journaux intimes de la seconde guerre mondiale : Le Journal d'Anne Frank, La Langue du Troisième Reich (LTI) de Victor KLEMPERER, Une Femme à Berlin (anonyme), Le Journal d'Hélène Berr et Le Journal de Rutke.


Roland Baumann (journaliste et enseignant ULB/INRACI) nous a expliqué les points communs entre ces cinq journaux. Le premier est qu'ils ont tous été écrits en présence de la mort, un autre est cette volonté de témoigner tout en ne sachant pas s'ils survivraient. Il a également remis dans leur contexte chacun de ces cinq journaux, deux écrits par des adolescentes (Anne Frank et Rutke), deux par des Allemands (Victor Klemperer et l'auteure d'Une femme à Berlin) et un par une étudiante (Hélène Berr). Françoise Wuilmart nous a parlé avec passion de sa traduction d'Une Femme à Berlin en expliquant que pour pouvoir traduire un texte, elle doit le sentir, se l'approprier. Elle a entendu la voix de cette femme allemande, journaliste cultivée. Françoise a également mis en avant l'importance de la cocasserie de certaines scènes, de la présence de l'humour pour survivre.


Cette rencontre a été illustrée par la lecture d'extraits de ces journaux par les comédiens Angelo Bison et Carmela Locantore pour La Langue du Troisième Reich, Une femme à Berlin, Le Journal d'Hélène Berr et Le Journal de Rutke. Des extraits se répondaient d'un journal à l'autre, je pense entre autres au vécu de l'obligation du port de l'étoile jaune, que ce soit pour Victor Klemeperer, Hélène Berr ou pour Rutke.
Des lettres du Journal d'Anne Frank ont quant à elles été lues par par Jonas, Dan et Sarina, trois étudiants des écoles associées au projet de Richard Kalisz qui voulait assurer la pérennité de ces textes en y associant les jeunes.


J'ai beaucoup apprécié cette illustration des propos par des lectures. Ca m'a permis d'entrer dans certains de ces journaux que je n'avais pas lus ou que je ne connaissais pas.
Je crois que j'entendrai encore longtemps résonner la voix d'Angelo Bison scander le mot historique dans sa lecture d'un extrait de LTI. Et voilà le mot avec lequel, du début jusqu'à la fin, le national-socialisme a fait preuve d'une prodigalité démesurée. Il se prend tellement au sérieux, il est tellement convaincu de la pérennité de ses instituitions, ou veut tellement en convaincre les autres, que chaque vétille qui le concerne, tout ce qui le concerne, tout ce à quoi il touche, acquiert une signification historique. Il prend pour historique chaque discours du Fürher,... il prend pour historique chaque rencontre du Fürher avec le Duce, ... La victoire d'une voiture de course allemande est historique, ... *

Et comme l'a si bien conclu un membre du public : merci à tous pour ces lectures et plus particulièrement aux étudiants.


*in LTI, la langue du IIIe Reich, par Victor Klemperer, éditions Pocket 2006, p. 75-76